lundi 26 août 2019

TECHNIQUE ET AMBIANCE

COMMENT MIEUX COMPRENDRE LE RÉGLAGE D'UN VOILIER R.C ?

par Jean-Louis Richard, Michel Frotiée
et le conseils d'Antoine Froment









Aujourd'hui la rédaction met l'accent sur le gréement classique. Les photos ont été prises pour en expliquer éléments. Un bref rappel sur le balestron sera aussi évoqué.
Nous sommes prêts à répondre aux questions envoyées sur notre messagerie :
mini-flotte76710@orange.fr

-Le Goth XP N° 308 navigue gréé en balestron-

-Le Goth XP N° 380 navigue en gréement classique-

-Le Dragon Force N° 460 navigue en gréement classique 
(obligatoire dans la classe RG65)-


Sur ces photos on voit les différences entre les gréements et celles-ci impliquent des réglages spécifiques.


GRÉEMENT CLASSIQUE


-L'ensemble du gréement classique du JF Sage N° 264-
-Vit de mulet et hale-bas-

Commençons par le gréement classique :

Le vocabulaire employé pour la voile renvoie à des fonctions précises :

  • Le vit de mulet est la pièce au pied de mât permettant à la bôme de la grand-voile de pivoter.
  • Le hale-bas est la pièce reliant  le pied de mât à la bôme de la grand-voile. Il permet de régler la chute de la grand-voile.
  • La cale d'étambrai, située sur pont à la base du pied de mât, permet d'avancer ou de reculer celui-ci pour rendre le bateau plus ou moins ardent. (La quête du mât entre aussi en jeu).
  • Le creux des voiles se règle en avançant ou reculant le point d'amure sur les bômes (grand-voile et foc) . Une voile creuse est propulsive. Une voile plate permet de faire du cap au près serré.
  • La chute des voiles permet à l'air de s'évacuer plus ou moins haut et a une incidence importante sur la puissance de la voilure.
  • La balancine du foc est un bout courant du point de drisse jusqu'au bout de la bôme du foc. Elle permet de régler avec un ridoir la chute du foc (Celle-ci doit être parallèle à celle de la grand-voile).
  • L'ouverture du foc est l'espace entre le bout de sa bôme et le mât (ou axe de la coque). Elle permet à l'air de s'évacuer sur la grand-voile, d'en accentuer la dépression et donc de tirer le voilier vers l'avant et d'aller plus vitre que le vent.
  • Les deux bômes, sont les pièces du gréement qui permettent de régler les allures de la grand-voile et du foc. La bôme de la grand-voile est mobile à partir du vit de mulet. La bôme de foc pivote grâce a l'ensemble de l'étai décomposé en une draille partant du point de capelage sur le mât jusqu'au bout de la bôme équilibré par un plomb. La bôme de foc est reliée au pont par un bout-pivot. C'est sur les bômes que se règle le creux.
  • Le cintrage du mât est assuré par la tension du pataras et de l'étai, associé à la quête du mât au hâle-bas et à la cale d'étambrai est un réglage important. Plus le mât est cintré, plus la grand-voile déverse (vent fort).
  • Quête : C'est la très légère inclinaison du mât vers la poupe. Elle permet q'équilibrer le voilier. Si le mât est incliné vers l'arrière,le voilier est plus ardent.
  • Capelage : C'est la fixation de l'extrémité supérieure de l'étai (draille), de la drisse, de la balancine à la partie supérieure du mât.
  • L'étarque pour le guindant et la bordure de la grand-voile, que certains skippers VRC confondent avec un "cunningham", est le montage qui se règle à la base du guindant de la grand-voile sur le vit de mulet et la bôme. Il permet de moduler la tension automatiquement du guindant de la Grand-Voile entre le près serré et les allures portantes. Ce montage permet de tendre le guindant au près et de le détendre au vent arrière et a une incidence sur le creux. Donc de favoriser un bon cap au près et une bonne propulsion aux allures portante. C'est un montage assez difficile à réaliser et il convient de se faire aider pour le comprendre. Beaucoup de skippers, notamment les débutants,  préfèrent une étarque simple et directe. Cependant Antoine Froment, un régatier VRC de haut niveau, sur son blog en montre un montage d'étarque très efficace car il permet de la souplesse dans le gréement selon les allures du bateau.

-Montage de l'étarque de la grand-voile selon Antoine Froment-

Sur cette photo du point d'amure, nous avons un système d'étarque qui passe dans l’œillet du point d'amure de la Grand-Voile, fait le tour du mât, repasse dans l’œillet du point d’amure (palan), descend pour passer dans le vit mulet, revient sur la bôme où nous avons un point de réglage. C'est ce dernier qui nous permet de régler (à terre) le guindant de la Grand-Voile avec plus ou moins de tension suivant la force du vent et le creux que nous souhaitons donner à la Grand-Voile. 

Pour rappel, il est impossible de changer des réglages quand le bateau navigue. Ce n'est pas le réglage qui change, mais c'est la tension de l'étarque (automatique) qui varie selon les allures du bateau.


-Montage simplifié-
Sur cette photo, le montage est décomposé : une garcette pour relier le point d'amure de la grand-voile au mât, et un bout attaché simplement sur l'œillet du guindant, passant dans le vit de mulet, pour être ensuite relier à la bôme avec un ridoir. Ce montage n'est pas celui adopté par les régatiers de haut niveau car il n'accorde aucune souplesse au guindant de la grand-voile lors des allures portantes.
  • Les guindants sont les bords de la grand-voile le long du mât et du foc sur l'étai.
  • Les drisses permettent d'étarquer correctement les voiles sur le gréement en haut du mât.
  • Les écoutes sont reliées au servo-treuil ou servo à bras et permettent de border ou de choquer. Elles sont réglables par le Trim sur la radio commande et bien sûr sur les bômes. Il faut toujours prévoir un devers sur le point d'écoute de la grand-voile de 8 mm et une ouverture de foc de 40 mm.
  • Écoulement de l'air : le vent quand il rencontre la voile se trouve dévié de sa direction initiale. la voile exerce  donc une force pour le dévier (défléchir) et le vent exerce une force égale et opposée : il y a du côté du vent une compression exercée par la résistance de la voile et de l'autre une dépression qui a un effet de succion, la force aérodynamique. Le voilier est poussé par la compression de l'air et aspiré par la dépression. La dépression est nettement supérieure à la pression. Donc une voile travaille plus par le côté au vent. Dans la pratique il faut donc rendre l'écoulement de l'air régulier en réglant bien la chute, le creux, la quête, l'ouverture du foc.



La cale d'étambrai du Goth XP N° 380 : gréement classique : 

vit de mulet, hale-bas, bôme, point de tire des écoutes-






Pour régler un voilier tous ces éléments entrent en jeu et tous ces mises au point se font à terre pour un voilier radio commandé avant sa mise à l'eau. C'est une des différences importantes avec la voile grandeur.

Si le vent est fort, on règle la quête du mât plutôt sur l'avant et si le vent est léger on peut choisir une position légèrement reculée.  Certains champions ne touchent jamais à la cale d'étambrai, ayant réussi à équilibrer leur gréement dans un compromis harmonieux pour tous les types de vents. C'est le cas de Jean-Luc Germain, FRA 323, de Flamanville. Mais chez nous à Montville celui qui s'en tire le mieux en changeant ce réglage est notre ami Jean-Marc, Fra 191, qui sait tirer parti de cette fameuse cale d'étambrai.

Ensuite la tension de la chute de la grand-voile est réglée par le hale-bas. Si on le tend par vent fort, l'air va s'évacuer vers le bas de la chute car la voile est plus plate et favorise le cap.  Si on le détend par vent faible la chute va se situer vers le tiers supérieur de la grand-voile et favorise la puissance.
Bien sûr entre en jeu le creux et la chute du foc : creux réglé sur la bôme et chute réglée par la balancine. Il ne faut pas oublier de vérifier l'ouverture du foc par rapport au mât. Pour rappel la grand-voile et le foc ont une ouverture constante car commandée par l'écoute du servo treuil. Ci dessous les conseils d'Antoine Froment, le responsable de RG65-France.

 Réglages des Gréements Classiques A et B

● Ouverture de bôme : 7 mm par rapport à l'axe

● Réglage de la chute : 40 mm entre le pataras et la chute avant la

dernière latte

● Ouverture du foc : 32 mm entre le foc et le mât


Réglage d'un Gréement classique C

● Ouverture de la bôme : 9 mm par rapport à l'axe

● Réglage de la chute : 40 mmm d'ouverture entre le pataras et la chute

avant la dernière latte


● Ouverture du foc : 35 mm entre le foc et le mât


BALESTRON


-Le Viperfihs N° 236 navigue sous balestron-

Pour un gréement balestron, rappelons que c'est l'ensemble qui pivote sur un axe. Les réglages se font sur la bôme centrale. On remarque que la surface du foc est inférieure à celle d'un foc sur un gréement classique parce que le gréement est une sorte de girouette, le foc pour le cap, la grand voile pour la puissance. La cale d'étambrai joue exactement le même rôle que sur un gréement classique. Le puits de mât souvent munis de roulements à billes, est situé plus vers l'arrière que celui d'un gréement classique car c'est la grand voile qui assure la puissance du bateau et que si le foc était trop grand le bateau enfournerait trop facilement. Donc il convient de régler l'ensemble d'après les conseils que nous donnons à la rubrique "TECHNIQUE". Le balestron convient parfaitement aux vents légers. Pour le vent MEDIUM ou FORT ou tourbillonnant en rafales nous conseillons les gréements classiques. Ci dessous les conseils d'Antoine Froment, FRA 86 :



Réglage d'un Gréement Balestron Jeu A:

● Ouverture du foc : 13 mm extérieur des tubes ou 3 cm entre le foc et

le mât

● Twist foc : 15 mm

● Twist Grand-voile : 24 mm

● creux foc : 10 mm

● ouverture de la bôme à 5 mm par rapport à l'axe

● 35 à 40 mm d'ouverture entre le pataras et la chute avant la dernière

latte.

● Ouverture du foc à 30 mm entre le foc et le mât



Les Photos d'Ambiance 





Les Skippers et leur matériel :



-Fabien Lerondel, Fra 380-

-Francis Gruel, Fra 264-

-José Marlier, Fra 309-


-Robert Paul, Fra 308-

L'aire des skippers : à l'heure d'une navigation loisir

-Francis Gruel et Eric Dehaene-


-Eric Dehaene met à l'eau son Dragon Force-

-Patrick Sionville profite a plein de cette ambiance détendue-


 Un Club est fondé sur ses adhérents dont voici quelques Portraits :

-José Marlier : Fra 309-


-Eric Dehaene : Fra 460-

-Jean Louis Richard : Fra 273-




-Patrick Sionville, FRA 236-

-Francis Gruel, Fra 264-
-Robert Paul : Fra 308-